GIF - 31.4 ko

Ne demandes pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais montres ce que tu peux faire pour ton pays !


jeudi 4 février 2010
par AHAONA

MADAGASCAR : Que se passera-t-il quand les arbres auront disparu ?

JPEG - 34.6 ko Photo : Tomas de Mul/IRIN

Les lémuriens sont un symbole de la biodiversité malgache unique ANTANANARIVO, 4 février 2010 (IRIN) -

Le gouvernement de transition à Madagascar autorise l’exportation de bois de feuillus précieux abattus illégalement, comme source de revenus pour se maintenir à flot. Les écologistes disent que le coût de cette pratique est incalculable et que cette grande île de l’Océan Indien risque fort de perdre son statut de trésor de la biodiversité mondiale.

Des groupes tels que le World Wildlife Fund (WWF), l’Environmental Investigation Agency (EIA) et Conservation International (CI) ont dit que l’exploitation illégale des forêts avait explosé à Madagascar à la suite de la crise politique qui a entraîné le remplacement, en mars 2009, du président Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina, actuel dirigeant de la Haute autorité de transition.

La communauté internationale a condamné ce changement aux allures de coup d’État, et coupé l’aide humanitaire venant de l’étranger. La fonction publique de l’île, y compris le système de préservation de la nature, s’est quasiment effondrée. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’aide des bailleurs de fonds représente environ 50 pour cent du budget malgache.

« Il est clair que le gouvernement a besoin de l’argent de l’exportation de bois qui, comme nous le savons, a été coupé illégalement », a dit à IRIN Nanie Ratsifandrihamanana, directrice de la conservation du WWF Madagascar.

En raison de l’absence de gardes forestiers pour surveiller les zones protégées et de la corruption omniprésente dans les principaux ports, l’exportation de bois de feuillus précieux n’a pas été contrôlée depuis des mois. Les bandes criminelles armées qui abattent les forêts ont, de fait, carte blanche dans les parcs nationaux de Madagascar.

En septembre 2009, un décret du gouvernement a légalisé l’exportation de bois de rose brut, un feuillu menacé d’extinction, qui était jusque-là illégale. Le Premier ministre, le colonel Camille Vital, a prolongé le décret le 31 décembre 2009.

Sa décision a été fortement condamnée par les écologistes. « C’est une vision à très court terme, qui ne prend pas en compte la durabilité à long terme de leurs actions. Il en résulte la perte du patrimoine naturel de Madagascar », a dit Mme Ratsifandrihamanana.

Le gouvernement a nié profiter de la vente du bois de rose, déjà rare, et a dit que l’argent provenant de l’exportation de bois serait utilisé pour aider à protéger l’environnement naturel de Madagascar à l’avenir. « Il est fort improbable que l’exploitation forestière s’arrête si les plus hautes sphères du gouvernement continuent d’envoyer le message qu’il y aura sans doute une autre chance d’exporter du bois illégal à l’avenir » Selon les critiques, la destination des fonds provenant de l’exportation de bois n’est pas claire. Dans une déclaration commune publiée en septembre 2009, le WWF, CI et la Wildlife Conservation Society ont dit que le décret « permet un détournement potentiel des fonds au nom de la protection de l’environnement et constitue une incitation juridique à une plus grande corruption dans le secteur forestier ».

James MacKinnon, directeur technique de CI à Madagascar, a dit à IRIN que la prolongation du décret avait déjà permis à 200 conteneurs de bois supplémentaires de quitter Madagascar cette année, ce qui allait encourager d’autres coupes en prévision de futures décisions similaires de la part du gouvernement.

« Il est fort improbable que l’exploitation forestière s’arrête si les plus hautes sphères du gouvernement continuent d’envoyer le message qu’il y aura sans doute une autre chance d’exporter du bois illégal à l’avenir », a-t-il dit.

L’avenir est en jeu

Madagascar, la quatrième plus grande île au monde, se situe dans l’Océan Indien, au large de l’Afrique australe, et est reconnue pour sa faune et sa flore uniques. Elle abrite cinq pour cent des espèces animales et végétales de la planète, et 80 pour cent d’entre elles ne se trouvent nulle part ailleurs.

Grâce à l’aide financière et technique de bailleurs de fonds étrangers et d’organisations non gouvernementales de protection de l’environnement, Madagascar avait fait des progrès notables au cours des 10 dernières années, et la protection de la nature bénéficiait d’un soutien politique non négligeable.

En 2003 M. Ravalomanana s’est engagé à conserver 10 pour cent de l’île comme sanctuaire naturel. Pourtant, a remarqué M. MacKinnon : « Nous savons que la plus grande partie de ce bois provient de zones protégées ».

Selon une enquête de l’EIA et de Global Witness (GW), qui surveille l’exploitation illégale et le trafic de ressources naturelles, l’équivalent de 88 000 à 460 000 dollars de bois de rose, de palissandre et d’ébène - tous trois des feuillus exotiques et tropicaux - étaient abattus chaque jour dans des parcs nationaux et des zones protégées dans les mois qui ont suivi le coup d’État.

Leur rapport, publié fin 2009, constatait une « sérieuse détérioration du respect de la légalité, si ce n’est une collusion active entre les forces de l’ordre et les trafiquants de bois d’œuvre illégal ».

Selon Mme Ratsifandrihamanana, du WWF, les communautés locales bénéficient peu du trafic. Un petit groupe, connu sous le nom de « mafia du bois », contrôle le secteur et exerce des pressions sur les autorités locales et les habitants.

« Ce que les communautés locales retirent du commerce du bois n’est tout simplement pas comparable avec ce que gagnent ceux qui exportent le bois. En outre, la population locale fait l’objet de menaces et d’intimidation de la part des bandes qui exploitent les forêts », a-t-elle dit.

JPEG - 124 ko

Photo : Tomas de Mul/IRIN

L’agriculture sur brûlis représente une menace importante pour les forêts malgaches Les Malgaches gagnent seulement quelques dollars en effectuant le travail pénible de localiser et enlever les arbres de la forêt. Selon GW, le salaire quotidien d’un bûcheron tourne autour de quatre dollars, tandis qu’un mètre cube de bois de rose peut atteindre 5 000 dollars sur les marchés asiatiques.

L’extraction des troncs d’arbres ne menace pas seulement les arbres précieux. Les bûcherons chassent des lémuriens pour se nourrir et le dégagement de chemins à travers la forêt encourage le peuplement de milieux autrefois intacts, ouvrant la voie à des activités destructrices telles que la fabrication de charbon et l’agriculture sur brûlis. Les effets cumulés pourraient à terme menacer le secteur de l’écotourisme malgache, qui rapporte 390 millions de dollars par an.

GW a constaté que la demande chinoise de meubles en bois de rose était un moteur essentiel du trafic de bois et que de plus petites quantités de bois précieux étaient transportées vers l’Europe et les États-Unis pour la fabrication d’instruments de musique haut de gamme.

Leur marge de manœuvre étant réduite à Madagascar, les écologistes pensent que cibler les acheteurs étrangers pourrait désormais être la seule façon de lutter contre l’exploitation forestière illégale sur l’île. « Les acheteurs internationaux devraient faire attention », a dit M. MacKinnon. « Tout ce qui contient du bois de rose malgache devrait être considéré comme illégal, même si vous ne faites que le transporter ».

cc/tdm/he/gd/ail http://www.irinnews.org/fr/PrintRep...


Articles les plus récents

mardi 26 janvier 2010
par AHAONA

La Société COLAS élue championne dans la sensibilisation contre la maladie

PROJET AMBATOVY / La lutte contre le SIDA continue mardi 26 janvier 2010 Au sein du Projet Ambatovy, la sensibilisation contre le VIH/SIDA ne s’arrête pas à la célébration de la journée mondiale de la lutte contre cette maladie qui se fait le 1erdécembre de chaque année. Pour le Projet, il s’agit (...)
mardi 19 janvier 2010
par AHAONA

Académie malgache Démocratie : Un concept encore flou pour les Malgaches

Le psychosociologue Désiré Razafindrazaka commente le processus démocratique dans la Grande île. Ci-après, l’essentiel d’une communication qu’il vient de présenter à l’Académie malgache. « La démocratie : un concept équivoque ? Sa compréhension et perception par les Malgaches », telle est la communication (...)
vendredi 15 janvier 2010
par AHAONA

Un parti monarchiste est né FANARE

vendredi 15 janvier 2010 Andrianasolo Ravelonanosy Clovis et ses collaborateurs ont présenté ce jeudi 14 janvier au Radama Hôtel à Antaninarenina leur parti qui s’appelle FANARE conformément au récépissé qui leur a été délivré le 23 décembre 2009. Leur idéologie en quelque sorte est la monarchie (...)
samedi 9 janvier 2010
par AHAONA

LA STYLISTE Ma Nirisoa, convenable et à l’écoute

Mode Ma Nirisoa, convenable et à l’écoute Elle a tout quitté pour la mode en 2002. Tenante d’un snack au CGM, la familiarité avec les disciplines artistiques qui s’y déroulent l’a peut-être convaincue de changer totalement de métier. Et voilà que Ma Nirisoa devient styliste de mode. Elle choisit la (...)
mardi 22 décembre 2009
par AHAONA

RADIO ANOSY FREQUENCE

ANOSY FREQUENCE LA NOUVELLE RADIO DE FORT-DAUPHIN EMAIL : sam_lalah@yahoo.fr Efa misokatra ho anao ny "Anosy Fréquence", koa amin’ny fitiavana lehibe no anasanay anao hihaino sy hankafy tsy tapaka ny fandaharana izay atolotray anareo mpihaino. Lalah 033 12 (...)

Albums les plus récents

Brèves

30 novembre 2009 - Doing Business 2010 Madagascar gagne dix places

Les performances de Madagascar s’améliorent. Le pays gagne dix places dans le Doing Business (...)

18 octobre 2009 - Des caches de bois de rose identifiées

La task force conduite par le ministère de l’Environnement, a découvert plusieurs rondins de bois (...)

12 octobre 2009 - Le centre Akamasoa a 20 ans

Le centre Akamasoa fondé par père Pedro Opeka a célébré offciellement son 20ème anniversaire hier. (...)

4 octobre 2009 - Madagascar vu par la Presse

Madagascar est un des pays les plus pauvres, voire le plus pauvre, du monde et aussi un des (...)

30 septembre 2009 - 300 000 kits d’accouchement gratuits pour ce mois de septembre

Le Fonds des Nations Unies pour la Population a octroyé 300 000 kits d’accouchement gratuits pour (...)